Aller au contenu
// BASE DE CONNAISSANCES

Odeur, dérive de couleur et gels : remonter une réclamation PCR à sa cause

Trois réclamations expliquent la plupart des livraisons de recyclat refusées. On les impute au fournisseur, alors qu'il manque le plus souvent une spécification.

Auteur
Robert Karbowy
Date
// 2026.08.26
ID
PC-2608-122
Lecture
6 min
Film plastique recyclé translucide sur une table lumineuse laissant voir de petits défauts
// Sommaire

Trois réclamations expliquent la plupart des livraisons de recyclat post-consommation refusées : ça sent, la couleur a bougé depuis le lot précédent, et la pièce contient des gels ou des particules non fondues. Chacune est le plus souvent imputée au fournisseur. Chacune relève plus souvent d’un défaut de spécification, parce que le contrat n’a jamais dit ce que « acceptable » voulait dire. Les trois remontent à un mouvement du flux entrant, et les trois auraient pu être réglées d’avance par une clause nommant un échantillon de référence et une méthode d’essai.

Odeur : absorbée, pas superficielle

Les polyoléfines absorbent ce qu’elles contiennent. Un flacon de lessive porte un an durant des parfums et des tensioactifs, dont une partie migre dans la paroi polymère. Le lavage enlève ce qui se trouve en surface. Il n’enlève pas ce qui est dissous dans la matière.

L’odeur suit donc le flux entrant davantage que la ligne de lavage. Les flux de chimie ménagère apportent des parfums. Les flux alimentaires apportent des produits de dégradation issus de résidus. Les flux commerciaux mélangés apportent ce qu’ils ont transporté. Un recycleur peut réduire l’odeur par dégazage lors de l’extrusion et par une sélection d’entrants plus stricte, mais il n’efface pas l’histoire de la matière.

Ce qui doit figurer au contrat : une méthode d’évaluation sensorielle, un échantillon de référence convenu, et le jury ou l’échelle utilisés pour juger. « Odeur neutre » n’est pas une spécification : deux personnes la liront différemment et aucune des deux lectures n’est vérifiable.

Dérive de couleur : le mélange entrant a bougé

La variation de couleur d’un lot à l’autre est la réclamation la plus fréquente et la moins évitable. Un recycleur ne choisit pas la couleur de la matière qui arrive à sa porte. La proportion de flacons bleus, verts et naturels dans une balle change avec la saison, la région et le schéma de collecte, et la production suit.

C’est aussi là que se perd le plus d’argent, car la couleur décide de la qualité sous laquelle une matière peut être vendue. Fin juin 2026, le rHDPE gris en granulés était évalué entre 1111 et 1121 euros la tonne, contre 1705 à 1715 pour le naturel, rendu droits acquittés en Europe du Nord-Ouest. Environ 600 euros la tonne séparent deux qualités du même polymère, et la seule différence tient à ce que le tri a pu extraire.

Ce qui doit figurer au contrat : un échantillon de référence conservé, une géométrie de mesure, et une tolérance exprimée comme un écart de couleur par rapport à cette référence plutôt que par un adjectif. Convenez à l’avance si la tolérance s’applique par lot ou en moyenne glissante sur plusieurs livraisons : ces deux lectures produisent des taux de refus très différents.

Gels et non-fondus : le plus souvent un autre polymère

Un gel dans un film ou une particule dure dans une pièce moulée relève normalement de trois causes : un fragment d’un autre polymère qui n’a pas fondu à votre température de transformation, un morceau de matière trop dégradée qui a réticulé, ou un résidu de charge ou d’étiquette ayant survécu au lavage.

La première est la plus fréquente, et c’est une question de tri, non de compoundage. Du polypropylène dans un flux polyéthylène, ou une couche barrière issue d’un emballage multicouche, se comporte comme une inclusion solide aux températures du PE. Aucune configuration de vis ne répare une matière qui n’a rien à faire là.

Ce qui doit figurer au contrat : l’étape de filtration de la masse fondue que traverse la matière, le tamis utilisé, et une méthode convenue de comptage des inclusions. Un film mince révèle chaque défaut et n’en tolère presque aucun. Une caisse à paroi épaisse en dissimule la plupart. La spécification doit préciser pour quelle application elle est écrite : un comptage de gels inacceptable en film est sans objet pour une palette.

Transformer la réclamation en clause

Le schéma est le même dans les trois cas. La matière post-consommation est variable par nature, et une spécification qui prétend le contraire cède au premier décalage saisonnier du flux entrant. Une spécification qui nomme la variation et fixe une tolérance autour d’elle tient.

Trois questions apportent l’essentiel de la valeur. Par rapport à quelle référence juge-t-on ? Selon quelle méthode ? Et la tolérance vaut-elle par lot ou sur une période ? Un fournisseur à qui l’on pose ces questions peut chiffrer la réponse. Un fournisseur à qui l’on demande une « qualité constante » chiffrera l’interprétation la plus commode, et le désaccord se présentera plus tard au quai de réception.

Les différences de qualité derrière ces décisions sont détaillées dans notre introduction au recyclat post-consommation, et le contexte de prix dans les cotations de juin 2026. Pour la vue d’ensemble de l’approvisionnement, partez de notre panorama du recyclat post-consommation.

Questions fréquentes

Pourquoi une polyoléfine recyclée sent-elle ?

Parce que les polyoléfines absorbent les substances qu’elles contiennent pendant leur vie utile, notamment les parfums et tensioactifs des flacons de chimie ménagère. Le lavage retire les résidus de surface, pas ce qui a migré dans le polymère.

Un fournisseur peut-il garantir une couleur identique entre lots ?

Pas de façon fiable, car le mélange de couleurs entrant varie avec la saison, la région et le schéma de collecte. Ce qui se convient, c’est un échantillon de référence, une méthode de mesure et une tolérance énoncée.

Qu’est-ce qui provoque des gels dans un film recyclé ?

Le plus souvent un fragment d’un autre polymère qui ne fond pas à la température de transformation utilisée, plus rarement une matière trop dégradée et réticulée ou des résidus de charge et d’étiquette ayant survécu au lavage.

Quel est l’effet de la couleur sur le prix du rHDPE ?

Il est important. Fin juin 2026, les granulés gris étaient évalués entre 1111 et 1121 euros la tonne et les granulés naturels entre 1705 et 1715, rendu droits acquittés en Europe du Nord-Ouest.

Quelle clause est la plus utile dans une spécification PCR ?

Un échantillon de référence nommé, assorti d’une méthode d’essai convenue et d’une tolérance précisant si elle s’applique par lot ou en moyenne glissante sur les livraisons.

À lire ensuite

// final // commander du recyclat

rPET. rHDPE. rPP.
Livraison UE.

Prêt à commander ? Le réseau Plastic Trader sert les acheteurs FMCG dans plus de 30 pays européens.

→ plastic-trader.com