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Juin s’est clôturé sur des reculs sur l’ensemble de la courbe des recyclats. Selon les évaluations OPIS en fin de mois, les paillettes de rPET s’établissaient entre 1 331 et 1 341 euros la tonne et le granulé entre 1 718 et 1 728 euros, DDP Europe du Nord-Ouest. Le granulé rPP noir a cédé 3,3 % sur un mois, à 960-970 euros. La demande est restée faible sur la majorité des polymères recyclés, les acheteurs limitant leurs commandes dans l’attente de nouvelles baisses avant les arrêts estivaux. Pour un acheteur d’emballages, la situation est confortable à court terme et inconfortable au moment de contracter pour 2027.
Cotations de fin juin 2026
Toutes les valeurs sont des évaluations OPIS, DDP Europe du Nord-Ouest, en euros par tonne, au 30 juin 2026.
| Matière | Forme | EUR/t |
|---|---|---|
| rPET | paillettes | 1 331–1 341 |
| rPET | granulé | 1 718–1 728 |
| rHDPE | granulé naturel | 1 705–1 715 |
| rHDPE | granulé blanc | 1 500–1 510 |
| rHDPE | granulé gris | 1 111–1 121 |
| rPP | granulé noir | 960–970 |
| rLDPE | granulé gris | 849–859 |
| rLDPE | granulé noir | 803–813 |
L’écart au sein du rHDPE indique où se situe la valeur sur ce marché. La matière naturelle se négocie environ 600 euros la tonne au-dessus de la grise — soit davantage que le prix total du rLDPE noir. Cet écart ne relève pas de la chimie, mais de la qualité de collecte et de tri.
Pourquoi les prix baissent alors que les obligations montent
La contradiction n’est qu’apparente : la demande imposée arrive après la pression sur les coûts. Le PPWR s’applique depuis le 12 août 2026, mais ses taux de contenu recyclé démarrent en 2030 — 30 % pour les bouteilles PET, 30 % pour les autres emballages sensibles au contact principalement en PET, 10 % pour les emballages sensibles au contact fabriqués à partir d’autres plastiques. D’ici là, la demande réglementaire reste largement potentielle.
Côté offre, c’est la résine vierge bon marché qui agit. Les surcapacités pétrochimiques, largement chinoises, maintiennent le polymère d’origine fossile à des niveaux où le recyclat perd son avantage de prix. Le recycleur supporte les coûts de collecte, de tri, de lavage et d’extrusion tout en concurrençant une matière issue d’une installation continue aux économies d’échelle bien supérieures.
La conséquence apparaît dans les statistiques de capacité. La capacité de recyclage de l’UE était estimée à environ 13,2 millions de tonnes en 2023 ; près d’un million de tonnes a disparu d’ici fin 2025 — l’équivalent de la totalité de la capacité française, retirée du marché en deux ans.
Le risque que le tableau ne montre pas
Des prix bas sont une bonne nouvelle pour l’acheteur exactement tant qu’il reste quelqu’un à qui acheter. Aux niveaux actuels, une partie du parc fonctionne sous le seuil de rentabilité, et les décisions de fermeture se prennent généralement l’été, lorsque des arrêts sont de toute façon programmés.
S’y ajoute un changement structurel dès cette année. À compter du 21 novembre 2026, l’UE interdit l’exportation de déchets plastiques vers les pays non membres de l’OCDE. Entre 500 000 et 800 000 tonnes par an devront être traitées dans l’Union. Cela augmentera l’offre de déchets — surtout dans les qualités inférieures, la bonne matière restant de toute façon en Europe. L’effet net sur le recyclat de haute qualité est incertain ; l’effet sur le coût d’élimination des fractions déclassées l’est beaucoup moins, et il est orienté à la hausse.
Comment exploiter cette fenêtre
- Contracter des volumes, pas des prix spot. Avec une demande faible, les fournisseurs s’engagent sur des quantités qu’ils refuseraient dans un marché tendu. Cette fenêtre se refermera.
- Évaluer la santé du fournisseur, pas seulement l’offre. Le prix le plus bas d’un appel d’offres signale parfois une vente à perte destinée à préserver la trésorerie. Ce n’est pas un partenaire pour 2027.
- Qualifier la matière maintenant, pas à la première pénurie. L’homologation d’un nouveau fournisseur prend des mois. Autant la mener tant qu’il y a le choix.
- Ne pas extrapoler juin à l’année. Les évaluations décrivent un instant et une région donnés, et les arrêts estivaux déforment le tableau dans les deux sens.
Questions fréquentes
Quel était le prix du rPET fin juin 2026 ?
OPIS a évalué les paillettes de rPET entre 1 331 et 1 341 euros la tonne et le granulé de rPET entre 1 718 et 1 728 euros la tonne, DDP Europe du Nord-Ouest.
Pourquoi le recyclat baisse-t-il malgré un durcissement réglementaire ?
Les taux de contenu recyclé du PPWR ne démarrent qu’en 2030, la demande réglementaire reste donc largement potentielle, tandis que la résine vierge bon marché issue des surcapacités pétrochimiques prive aujourd’hui le recyclat de son avantage de prix.
Pourquoi le rHDPE naturel est-il bien plus cher que le gris ?
La matière naturelle provient d’un flux trié par couleur et peut donner des produits de toute teinte, y compris claire. La matière grise est un mélange de couleurs impossible à éclaircir, limité aux applications sombres. L’écart avoisine 600 euros la tonne.
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Sources : évaluations de prix OPIS pour le marché européen des polymères recyclés, fin juin 2026 ; chiffres de capacité et d’exportation issus d’une analyse de marché publiée en juillet 2026 ; règlement (UE) 2025/40 (PPWR) et règlement (UE) 2024/1157.
