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Plastics Europe a publié le 19 mai 2026 le rapport « The Circular Economy for Plastics ». Cette analyse biennale porte sur la période 2022-2024 et contient un chiffre qui explique l’essentiel de la situation actuelle du marché du recyclat : la croissance annuelle de la production circulaire est tombée de 13,6 % en 2022 à 1,2 % en 2024. La production circulaire n’a pas reculé. Elle a simplement cessé de croître — précisément au moment où la législation européenne commence à en exiger beaucoup plus.
Les chiffres clés
Le rapport emploie la notion de production circulaire, qui recouvre les plastiques issus du recyclage mécanique et chimique ainsi que les matières biosourcées.
- 8,7 Mt — production circulaire en Europe, soit 15,8 % de la production totale de plastiques.
- 13,6 % → 1,2 % — effondrement de la croissance annuelle entre 2022 et 2024.
- 19 % — part des importations dans la demande des transformateurs européens en plastiques circulaires.
- 12,4 % — part des déchets plastiques collectés en Europe et recyclés hors de la région.
Ces deux derniers chiffres se lisent ensemble. L’Europe expédie une partie de sa propre matière première pour qu’elle soit traitée ailleurs, tout en important environ une tonne sur cinq du recyclat dont ses transformateurs ont besoin. Ce n’est pas une boucle fermée, mais une boucle percée dans deux directions opposées.
Pourquoi la croissance cale
Plastics Europe attribue ce ralentissement à la crise de compétitivité que traverse le système plastique européen. Le président de l’association, Rob Ingram, a résumé la situation du secteur en une phrase : les fabricants européens de plastiques sont en mode survie.
Le mécanisme est simple. Le recyclat concurrence la résine vierge sur le prix. Lorsque la résine vierge est bon marché — et elle l’est, du fait des surcapacités pétrochimiques —, le recyclat perd l’avantage qu’il aurait face à une matière fossile chère. Les marges des recycleurs se compriment, les décisions d’investissement sont repoussées et une partie des installations existantes quitte le marché. D’où ces 1,2 %.
La réglementation devait combler l’écart par la demande. Le règlement PPWR, applicable depuis le 12 août 2026, fixe des taux obligatoires de matière recyclée : 30 % dans les bouteilles PET à usage unique à partir de 2030, 30 % dans les autres emballages sensibles au contact principalement en PET et 10 % dans les emballages sensibles au contact fabriqués à partir d’autres plastiques. La difficulté tient au décalage temporel : l’obligation démarre en 2030, alors que les décisions d’investissement destinées à y répondre devraient être prises maintenant.
Conséquences pour les achats
La disponibilité comptera plus que le prix. Avec une production circulaire progressant de 1,2 % par an et des objectifs réglementaires qui s’élèvent brutalement en 2030, la contrainte devient le volume, pas le tarif. Un contrat pluriannuel assorti de quantités engagées vaut aujourd’hui davantage que quelques points de remise.
L’import est déjà intégré au bilan, ce n’est pas une réserve. Si 19 % de la demande des transformateurs passe par l’importation, le volant non européen facilement accessible est largement consommé. Miser sur un « approvisionnement de secours en Asie » repose sur une hypothèse qui a cessé d’être vraie.
Capacité annoncée n’est pas capacité en service. Les annonces d’investissement dans le recyclage européen sont nombreuses, les mises en service beaucoup moins. Lors de l’évaluation d’un fournisseur, la question « combien de tonnes avez-vous réellement produites l’an dernier ? » est plus informative qu’une présentation d’extension prévue.
Ce que le rapport ne couvre pas
Les données s’arrêtent en 2024. Elles n’intègrent donc ni le PPWR ni l’interdiction d’exporter des déchets plastiques vers les pays non membres de l’OCDE, applicable au 21 novembre 2026, mesure qui devrait maintenir 500 000 à 800 000 tonnes supplémentaires par an à l’intérieur de l’Union.
Ces 1,2 % ne constituent donc pas une prévision, mais un instantané pris avant le basculement réglementaire. La distinction compte aussi en comité de direction : le chiffre justifie une décision de sécurisation des volumes, mais avancé comme preuve que « le recyclage européen a échoué », il dépasse ce que des données arrêtées en 2024 permettent d’établir.
Questions fréquentes
Que recouvre la production circulaire dans le rapport de Plastics Europe ?
Elle englobe les plastiques issus du recyclage mécanique et chimique ainsi que les matières biosourcées. En 2024, elle a atteint 8,7 millions de tonnes, soit 15,8 % de la production européenne totale de plastiques.
La production de recyclat a-t-elle diminué en Europe en 2024 ?
Non. C’est le rythme de croissance qui a chuté, pas le volume. La production circulaire a continué d’augmenter, mais de 1,2 % seulement en 2024 contre 13,6 % en 2022.
Quelle période couvre l’édition 2026 ?
L’édition publiée le 19 mai 2026 analyse les années 2022 à 2024. Elle n’intègre ni les effets du PPWR ni ceux de l’interdiction d’exporter hors OCDE, tous deux applicables en 2026.
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Source : Plastics Europe, « The Circular Economy for Plastics — A European Analysis 2026 », publié le 19 mai 2026, données 2022-2024.
